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Les champions : Philippe Quintais « I’ll be back »

18 février 2017 - 14:53

petanque

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Posté par petanque le 17/2/2017

 

Entretien avec Philippe Quintais suite à l'annonce de son retour en équipe de France. Il nous parle aussi de son nouveau Club "Oléron Pétanque Elite".

 

 Odyssée de la Pétanque à Montpellier, samedi 25 juin - Photo  22


Odyssée de la Pétanque à Montpellier, samedi 25 juin avec Philippe Quintais

 

Boulistenaute : « Nous venons d'apprendre avec une relative surprise que tu revenais en équipe de France. Pourtant, nous ne t'avions jamais entendu dire "I'll be back" sur ce sujet. Les sollicitations ont toujours existé, pourquoi avoir dit oui, cette fois ? » 

 

Philippe Quintais : Vraiment, j’avais tiré un trait sur ce maillot.  Mais un peu avant les dernières élections, quelques membres de la fédération aujourd’hui élus m’avaient invité à réfléchir à une éventuelle collaboration qui aurait pour but de tisser plus de liens entre le haut niveau et les instances dirigeantes, j’ai senti qu’on revenait vers moi, j’ai apprécié cette démarche. Il était là question d’un rôle autre que joueur. Regardez, tout récemment, ce changement de règlement « Le but », n’aurait-il pas fallu solliciter aussi les joueurs pour recueillir leurs avis ? Je ne serais pas non plus revenu si mes ex-partenaires ne m’en avait pas touché un mot, ils m’ont parlé d’envies de repartager de grands moments, cela m’a touchéDe plus, je me sens aujourd’hui et depuis quelques années capable de rejouer « je pense » à un niveau suffisant pour intégrer de nouveau cette élite. Ce ne fut pas toujours le cas, lorsque j’ai arrêté de porter le maillot, j’étais dans une période délicate, mon jeu était parti, l’envie aussi. Je pensais plus à ce que disaient les gens qu’à ce que je devais faire !    Boulistenaute : Tu rejoins le groupe France ou bien directement la sélection pour les prochaines échéances Européennes et Mondiales   Philippe Quintais : Non, non, non, hors de question de parler de ça pour l’instant, ce serait prétentieux et même irrespectueux vis à vis des joueurs qui peuvent aujourd’hui prétendre à une place. Je reviens dans le groupe, forcément, avec l’espoir et l’envie de rejouer quelques concours avec Henri et Philippe. Ce n’est pas parce que Philippe Quintais revient, qu’il claque des doigts et qu’il réintègre les Championnats du Monde ! Il va me falloir prouver comme tout le monde.   Odyssée de la Pétanque à Montpellier, samedi 25 juin - Photo  91 
Odyssée de la Pétanque à Montpellier, samedi 25 juin   Boulistenaute : Tu es donc à disposition des sélectionneurs ?    Philippe Quintais : Bien sûr. Pour espérer rejoindre, reformer la Dream-Team, il faut se mettre à disposition, il y a de nombreuses échéances. Les premières seront de disputer quelques nationaux français sûrement avec de jeunes joueurs du groupe France, des joueurs méritants. Ensuite, il sera temps de tirer quelques bilans et voir si cette Dream-Team peut être reconstituée, si elle a encore une chance de prouver où si elle est arrivée à son terme.    Boulistenaute : A ce propos, qui sera le coach des équipes de France ? Ca peut vraiment servir un coach à ce niveau là ?   Philippe Quintais : Alain BIDEAU, mais j’ai cru entendre dire qu’il souhaitait arrêter le coaching ? Si tel est le cas, derrière lui, il y a des gens comme Laurent MORILLON, Jean-Philippe SORRICOTTI déjà bien impliqué chez les féminines. Je pense aussi à David LE-DANTEC qui s’occupe aujourd’hui de la Suède, ne pourrions nous pas lui offrir cette opportunité en France ?  Il faut vraiment avoir de nombreuses qualités pour coacher l’élite. Un coach ne va pas vous expliquer comment jouer à la pétanque. Il doit très bien connaître ses joueurs, faire preuve d’une empathie de tous les instants. Il doit être capable de voir si son joueur est bien ou pas. Il doit travailler à constituer des équipes solidaires, rien n’est possible autrement. Dans notre sport, il est difficile de pratiquer ensemble sans que les liens soient forts. Le coach ne doit pas non plus imposer une tactique, cela peut se travailler avant mais pendant le jeu les joueurs savent prendre les bonnes décisions, ils s’adaptent à l’adversaire, au terrain. Par contre, un champion, même s’il est très fort, n’est sûrement pas capable de dire « je veux sortir ». Alors à la question, un coach peut il servir, c’est un grand oui et nous n’avons évoqué là que les grandes lignes de l’accompagnement nécessaire à un sportif de haut niveau. L’entourage doit être multiple.        Boulistenaute : Ton retour est-il étroitement lié à la défaite de la France à Madagascar ?   Philippe Quintais : Si la France avait gagné, on ne se poserait aucune question puisqu’on serait resté dans la configuration d’une équipe quasi imbattable qui serait alors logiquement reconduite. Avec cette défaite, une reconstruction est envisagée, cela va créer une bonne émulation dans le groupe France.   Boulistenaute : Ce championnat du monde à Madagascar, tu l'as suivi comme nous tous à la maison ? Comment l'as tu vécu ?   Philippe Quintais : Ce fut une énorme surprise bien sûr. Lorsque je lis certaines réactions, on a l’impression que cela ne pouvait arriver. Barcelone a bien perdu 4 à 0 contre le PSG, ça n’arrivera certainement plus jamais, mais c’est arrivé ! La France s’est incliné contre le Bénin en demi-finale du Championnat du Monde, cela n’arrivera peut être plus jamais mais c’est arrivé ! Comment l’expliquer ? Une équipe complètement à coté de ses pompes, qui n’a pas su du tout se transcender. Il y avait sûrement l’ambiance, mais cela fait parti du sport. Quand on est dans le sac, on est dans le sac, on a beau s’appeler LACROIX, ROCHER, SUCHAUD, LE BOURSICAUD ou n’importe qui d’autre. C’est peut être là qu’il faut faire quelque chose, je pense qu’Alain BIDEAU était dans le même état que ses joueurs, du coup, cela a fait ce que nous avons vu. Ca arrive, malheureusement ça arrive, il n’y en avait pas un pour relever l’autre. Après, j’ai plus été étonné par la tactique que par le mauvais jeu. On s’est vraiment attelé à essayer de bien pointer alors qu’on avait une capacité à bien tirer. C’est comme ça, c’est la terrible loi du sport.    Objat, les Limousins font de la résistance 54 Objat, les Limousins font de la résistance : Philippe Quintais   Boulistenaute : On sait, que tu possèdes 12 titres mondiaux à égalité avec Patrice MARTIN (Ski nautique), juste devancé par la cycliste Jeannie LONGO (13). Alors que la pétanque est de plus en plus médiatisée, ne penses-tu pas que quelques titres de plus pourraient te porter au devant de la scène et ainsi permettre aux médias de moins oublier notre sport ?   Philippe Quintais : Bien sûr, je l’ai toujours dit. Lorsque je me suis arrêté, j’y ai pensé car ces 12 titres mondiaux représentaient une fierté pour moi, mais personne à l’époque n’avait compris que cela pouvait symboliser plus que cela, un cumul de titres qui aurait pu servir notre sport. Aujourd’hui effectivement, si je venais à gagner un titre de Champion du Monde, j’égaliserai avec Jeannie LONGO, mais il y a  Philippe SUCHAUD qui est mieux placé que moi. Si Philippe venait à faire un doublé en avril prochain à Gand, il serait lui aussi à 12 et devrait encore longtemps profiter d’une sélection nationale ! Ce qui me plait un peu moins dans l’histoire, c’est qu’on multiplie actuellement les Championnats du Monde avec le tête-à-tête, le mixte, le doublette. J’ai peur finalement que ce nombre croissant dévalorise les titres eux-mêmes. Le triplette est l’épreuve reine, j’ai apprécié voir arriver le tir de précision, car c’est une belle épreuve, un peu comme le tir à cadence rapide à la lyonnaise. Qu’allons nous voir bientôt, le triplette mixte ? Je pense que cette évolution dévalorise notre sport.   Boulistenaute : On devrait donc te voir sur des épreuves de tir de précision ?   Philippe Quintais : Non, non, non, non. J’ai vraiment adoré cette épreuve, j’y ai trouvé des sensations terribles mais c’est un effort totalement différent de la pratique en équipe, je ne pense plus pouvoir rivaliser avec les jeunes tireurs actuels dans cette configuration.    38-Demi-finale France 1 - France 2
Grenoble 2004 : Demi-finale France 1 VS France 2    Boulistenaute : Que réponds-tu aux boulistenautes qui voient d'un mauvais œil revenir les « quinquagénaires » alors qu'ils estiment que le réservoir de jeunes talents pourrait parfaitement défendre les chances françaises ?   Philippe Quintais : « rires » D’abord, il me reste un an avant de passer chez les « quinqua ». Mon dernier Championnat du Monde remonte à 2004, voilà maintenant « 13 ans » que je ne participe plus à ces joutes internationales. Lorsque je me suis arrêté, c’était aussi en me disant que je laisserai la place aux jeunes, personnellement j’avais l’impression d’avoir fait ce que j’avais à faire. Mais à présent, je me retourne et je constate que les joueurs qui ont pratiqué ou qui pratiquent encore ce haut niveau sont en fait des joueurs qui ne sont pas si loin de ma génération ! Excepté Dylan qui a le talent qu’on lui connaît, c’est le seul « jeune » qui est finalement rentré au plus haut. Philippe SUCHAUD quasiment mon âge est bel et bien là, Michel LOY quelques années de plus est re-rentré il y a quelques temps. J’ai peut être eu envie de penser un peu plus à moi cette fois, mais, j’ai réellement le désir de me faire plaisir en relevant ces nouveaux défis sans avoir l’impression de prendre la place de quiconque. Après, pourquoi envisager l’option QUINTAIS ? Je pense qu’il faut le demander à l’encadrement, à la DTN, aux coachs des équipes de France qui ont su tirer le bilan des enseignements passés et ont aussi su me remobiliser. Pourquoi pas, les jeunes ? Je pense qu’il est difficile aujourd’hui de trouver des affinités entre ancienne et nouvelle génération. Avez-vous vu de telles associations dans d’autres sports, et au plus haut niveau ? Non. Bien sûr qu’ils sont nombreux à pouvoir prétendre à jouer sous les couleurs de la France, mais encore une fois, il faut arriver à faire une équipe, à créer les conditions d’une entente parfaite et même si je dois me répéter, il faut vraiment qu’il y ait des affinités solides. On a vu de soit disant grandes équipes se monter avec des noms qui ne laissaient penser à aucune défaite « Ils ne peuvent pas perdre » mais en fin de compte, ce n’est pas qu’ils ne pouvaient pas perdre, mais plutôt qu’ils ne pouvaient pas gagner. Boules en mains, ils paraissaient injouables, ensemble ils ne formaient pas « équipe ». C’est vraiment un sport collectif, où il faut savoir jouer pour l’autre, si ce partage n’existe pas, ça ne gagne pas ! Aujourd’hui, c’est sûrement ce collectif qui primera pour construire le modèle gagnant des échéances futures, avec des jeunes, de plus anciens, il faudra trouver la bonne formule. Je pense vraiment pouvoir apporter mon expérience au groupe, j’aime aider à faire bien jouer mes partenaires, Philippe et Henri bien sûr mais aussi d’autres jeunes talents avec qui j’aurai sûrement à partager quelques rendez-vous avec ce maillot retrouvé. Pour conclure, je rejoins ce groupe France sans aucune prétention, je sais qu’il me faudra prouver, mais j’y suis prêt, je veux de nouveau ressentir les sensations uniques que peuvent procurer ces parties à enjeux, ces moments me manquent !   Odyssée de la Pétanque à Montpellier, samedi 25 juin avec Philippe QUINTAIS    Boulistenaute : Tu devrais très vite porter le maillot de l'équipe de France, puisqu'on te retrouve pour le Trophée l'Equipe début mars à Tours ?   Philippe Quintais : Oui, c’est un énorme plaisir, en plus avec Henri et Philippe. Forcément, il va y avoir une pression supplémentaire car on aura envie de briller, montrer que cette équipe a encore de l’avenir. Mais en vérité, on ne le sait pas ! Ce sera important de faire un bon résultat.       Boulistenaute : Tu changes vraiment de tenue cette année ! Un nouveau club "Oléron Pétanque Elite", de nouveaux partenaires et même un nouveau projet professionnel ?    Philippe Quintais : Et oui, c’est une année charnière pour moi, il m’est arrivé plein de choses en un an, mais on va réussir à gérer. Quitter ma région de cœur, mon département après avoir vécu une situation qui m’aura beaucoup touché. D’un seul coup, apprendre que je ne vais pas jouer les championnats avec Philippe SUCHAUD et peu de temps après, retrouver un nouveau challenge grâce à AZYGO.com « Agence de voyage pour l’Asie » et son dirigeant Michel CALVET qui aura mobilisé toute son équipe pour me faire venir à Oléron. En quittant Dreux, je perdais automatiquement ma place d’ambassadeur des sports, Michel CALVET m’a proposé une intégration professionnelle qui m’apporte une certaine sécurité, je devais bien sûr intégrer un projet sportif mais aussi consolider ma situation personnelle pour envisager plus sereinement l’avenir. Il y a donc beaucoup de changements, mais cela donne envie de repartir en espérant apporter à tous ces gens qui me font confiance le retour qu’ils méritent. L’an prochain je ferai équipe avec Julien LAMOUR et Damien HUREAU en triplette et Damien pour la doublette. Ce sont des partenaires qui me conviennent bien, des joueurs qui ont un peu mon caractère, discrets mais gagneurs qui ont eux aussi besoin de faire des résultats.    Masters de pétanque à Oloron Sainte-Marie, les vainqueurs
Masters de pétanque 2016 à Oloron Sainte-Marie, les vainqueurs    Boulistenaute : Un petit mot sur les finales à 4 de ce week-end ?    Philippe Quintais : Je vais suivre en particulier l’équipe de Bourbon-Lancy avec mon pote Manu LUCIEN qui participe. J’ai pu voir que le groupe était compliqué, Bron est naturellement favori. Mais, ils sont capables de se surpasser, je leur souhaite de passer tout simplement. Draguignan me parait intouchable. Même si rien n’est fait dans le sport, la Coupe de France avec de multiples parties diminue les chances de voir une équipe créer la surprise surtout au regard du réservoir de joueurs que peut aligner ce club !

J’adore ces compétitions, jouer pour le Club, le titre avec Hanches fut sûrement le plus beau avec une équipe finalement pas plus forte que les autres mais avec un esprit terrible. Avec le Duc ce fut aussi de belles années surtout au début lorsque les champions étaient mélangés aux locaux, cela donne encore plus l’envie de se surpasser. 

 

Entretien réalisé par Lionel ZANET {petanque} 

  

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